Edito commun Horizons spécial PAC de Damien Greffin et Arnaud Rousseau

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Lors de son allocution du 2 octobre à l’occasion du sommet de l’élevage de Cournon, le Président de la République a totalement ignoré un pan entier de l’agriculture française, sacrifiant les grandes cultures sur l’autel d’une PAC sociale, très loin de l’objectif initial d’une PAC empreinte d’équité et de justice. 

En effet, tout le discours du Président est resté exclusivement centré sur un soutien renforcé aux filières d’élevages. Nos craintes sont ainsi confirmées avec l’annonce des mesures suivantes :

  • Activation d’un paiement redistributif des 52 premiers hectares à hauteur de 20% du budget à horizon 2018, avec une transparence des actifs accordée uniquement aux associés en GAEC,
  • Convergence des aides à 70% sur la période 2015-2020,
  • Ponction des fonds du premier pilier en faveur du développement rural diminuant d’autant l’enveloppe allouée aux paiements directs. 

Cela va engendrer pour les exploitants agricoles d’Ile de France une baisse des soutiens de 40% et une perte de 75 millions d’euros pour l’économie agricole régionale, remettant en cause la compétitivité de la filière régionale des Grandes Cultures. L’élevage francilien ne va pas être épargné et sera même le plus durement touché par cette nouvelle PAC qui promet pourtant de sauver nos éleveurs.

Cette économie agricole d’Ile de France, qui a guidé des générations d’agriculteurs, vient d’être mise au rebut au profit d’une agriculture à vocation sociale et territoriale, refusant l’espoir aux jeunes pour demain.

En effet, pour l’installation des nouvelles générations, le système du paiement redistributif sur les premiers hectares va instaurer un système de rente, condamnant ainsi la transmission.

De plus, vouloir faire croire que cette réforme va créer des emplois, c’est ignorer qu’une exploitation agricole est une entreprise comme les autres. Le maintien de sa compétitivité se fera par la réduction des coûts de main d’œuvre, si cela est encore possible.

Depuis plus de 6 mois, lors de nos actions syndicales, de nos communications auprès des parlementaires et de nos rencontres avec les préfets de nos départements, nous avons dénoncé les dangers d’une PAC sociale.

Enfin, le ministre nous parle de justice. Comment interpréter le fait que seuls les associés en GAEC, et encore pas tous, pourront bénéficier des plusieurs parts « PAC » alors que les EARL sont exclues de ce dispositif et notamment les nombreuses femmes associées avec leur mari. C’est donc cela la justice de monsieur Le Foll ?

Si l’heure n’est pas encore au bilan, le peu de temps qu’il nous reste doit être consacré à atténuer les impacts de cette réforme inique.

Au-delà des propositions du Président de la République, il va falloir que l’usine à gaz qui se monte puisse réellement se mettre en place. Face à des choix idéologiques déconnectés des réalités économiques, l’histoire nous a déjà montré qu’il ne faut jamais baisser la garde, car, au coup décisif,  c’est le bon sens agricole qui l’emporte.

Sachez donc que nous ne lâcherons rien, qu’après nos alertes, maintes fois répétées mais non entendues, nous restons mobilisés, afin de corriger ce qui peut encore l’être de cette réforme, aujourd’hui sous des influences démagogiques, loin de notre économie agricole dont nous sommes fiers.

Damien GREFFIN, Président FDSEA et FRSEA Ile de France, Arnaud ROUSSEAU, Président FDSEA Seine et Marne. 

 

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